Le Barbier d’Albanie

Comme un tique de voyage à l’étranger, je vais me faire beau chez un barbier. Complètement différent de la France où ces lieux sont de retour pour raser les hipsters, le barbier albanais est un vrai lieu de lien social. On rase presque gratis, on n’est pas dans le rendement du poil tombé à la seconde mais plutôt du nombre de mots échangés pendant la séance. Celui-ci avait visiblement besoin de parler, échange en italien retranscrit en   français :

« C’est pendant l’été seulement que nous pouvions capter la télévision italienne. Les ondes arrivaient à passer grâce au beau temps. C’était les seuls moments où je réussissais à avoir des nouvelles du monde. Je lisais les « livres jaunes » interdits par le régime de l’époque. Je connais beaucoup de films français, aujourd’hui je les regarde sur YouTube. »

« Quand le régime est tombé, les gens étaient perdus, effrayés ; as-tu entendu parlé de l’histoire de cet homme qui a tenté de traverser la mer Adriatique accroché à un pneu de tracteur? »

 

I like going to a barber shop when i travel abroad. Really different from the french barber’s shops that start being on fashion again to shave some hipsters, in albanian barbers’ shops you can talk for real. They just don’t care so much about the money, they prefer to focus on words. This one looked like he needed to talk :

 » We could capt the italian television only in summer. The waves managed to go through the sea thanks to the good weather. It was only then i could get some news from the world. I was reading the « yellow books » blacklisted by the former regime. I know a lot of french classical movies. Now i watch them on YouTube.

« At the end of the dictature, people were frightened and lost. Have you heard about the man who crossed the sea to Italy on a tractor tyre? »

Le Barbier d'Elbasan

Publicités